1er Prix du Printemps des Poètes 2025 - Pour mon poème "Horizons"
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Il y a bien longtemps, la poésie était au cœur de ma vie. Avant les romans, Dilwen, Ernest et les autres, il y a eu les Humeurs Humaines, en vers et en poèmes. D'ailleurs deux d'entre eux, "Ce que je viens vous dire" et "Ma Polonaise" avaient été distingués : Prix Andrée Barthe (Société académique de Nantes, 2003) et le Grand prix Frédéric Sars (Clio del Arte, 2006).
Alors quand, lors de mon inscription au salon du livre de Campbon, j'ai entendu parler d'un concours de poésie "Le Printemps des poètes 2025", dont le thème était "l'horizon", je me suis lancé à nouveau.
Et ce sont plus de 200 textes qui ont été reçus dans la catégorie "Adultes", des inspirations aux horizons, justement, bien différents, des quatre coins de la France et au-delà même, de l'autre côté des océans et des mers...
C'est en cette fin de journée d'un beau dimanche, avec les lecteur.rice.s venu.e.s en nombre à ce 1er salon du livre superbement organisé par le comité culture de Campbon que le palmarès a été dévoilé. Et j'ai eu la magnifique surprise d'avoir touché les membres du jury au point de décrocher le premier prix.
C'est un peu fébrile que je suis monté sur scène lire mon texte devant le public. Une certaine fébrilité mais aussi une belle fierté. Et une grande reconnaissance pour ceux.celles qui ont su être touché.e.s par mes vers.
Je vous le joins ci-dessous, espérant qu'il vous plaira également.
Et à très vite pour de nouvelles annonces très sympas.
HORIZONS
Posé sur le sable, mon regard accompagne au large la lente descente du soleil breton,
Si la poésie céleste m’invite à la douceur, ma raison me bouscule vers d’autres horizons :
Horizon devenu poussiéreux sous les cendres ensanglantées d’immeubles effondrés ;
Horizon limité par des croyants en guerre au nom d’invisibles et muettes divinités ;
Horizon radieux promis aux tristes cyniques s'enrichissant, en répandant la misère ;
Horizon noirci pour une planète bleue misée, poker funeste, sur tapis de billets verts ;
Horizon d’exil, disparu, noyé sur un radeau de fortune qu’une vague rageuse éclate ;
Horizon précipité dans un vide d’ignorance par ceux prêchant pour une terre plate ;
Horizon fuyant le malade depuis la fenêtre de chambre d’hôpital, dernière demeure ;
Horizon désolant pour le sans-abri, errant sous un ciel étoilé où les vœux se meurent ;
Horizon trop souvent refusé à celui qui n’a pas eu la chance de naître du bon côté ;
Horizon pulvérisé par l'adieu d'un être aimé, qui nous laisse seuls, cœur piétiné ;
Horizon cloisonné dans sa propre solitude, depuis une cage autoforgée d’inutilité ;
Horizon abandonné par l'acte volontaire, définitif, de l'arrêt d’une vie rejetée…
De retour, face à l’horizon rougeoyant, tombant à la mer et qui ne sera bientôt plus,
Des larmes salées creusent mes joues en salut désespéré à tous ces horizons perdus.
Patrick Blainec
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